« I don't put out what I think the people will like, I put out what I like. » Ces paroles pleines de signification viennent de la bouche de l'homme qui a inspiré les mots que vous vous apprêtez à lire. Le seul et unique Chris Manak a.k.a. Peanut Butter Wolf. Le fondateur et grand manitou de mon étiquette favorite, la californienne Stones Throw Records. Dix ans déjà pour cette entreprise lancée avec bien peu de moyens à l'époque et qui figure aujourd'hui parmi la crème de la crème des indépendantes. Alors là, c'est un événement important que je me dois de souligner !
Jusqu'à maintenant, le moins qu'on puisse dire est que sa philosophie est payante, pour nous et nos tympans j'entends. Pour lui ? Ça doit commencer à rapporter du bon blé et il le mérite amplement. Il a toujours fait passer la musique avant la finance. N'importe qui s'intéressant à ses produits un tantinet le sait fort bien. Le monsieur, agissant à titre de producteur exécutif sur chaque disque, ne sort que de la qualité. Point final ! Du matériel, somme toute, résolument tourné vers l'avant-garde, bien loin des simples modes qui vont et qui viennent. En avoir les moyens, j'achèterais littéralement TOUT ce qui sort de chez lui. Ça peut paraître excessif pour certains, mais c'est vous dire à quel point, en général, j'aime le produit offert.
Je vous ai dit que j'aimais Stones Throw ? Oui, d'accord, ça devient casse-pieds à la fin... Je change de disque. Mais ça dure depuis quand au juste ? Depuis que ma copine de l'époque, une certaine Maude, grande fan de rap en ce temps, revint chez nous un soir de 1998 avec cette curiosité : My Vinyl Weighs A Ton, d'un certain Peanut Butter Wolf... Je l'insère dans le lecteur de vous savez quoi et paf, quelques chansons après, la révélation. Je venais très sérieusement de tomber sur un excellent filon. Vrai qu'elle a toujours eu du goût cette petite ! Je parle de musique bien sûr... Néanmoins, cette fameuse soirée a modifié le portrait musical de ma vie pour toujours. Je n'ai pas vu cette fille depuis des années, mais je visite le site internet de Stones Throw presque chaque jour.
Tout ça nous mène donc à aujourd'hui et au lancement de cet album commémoratif. On parle de 25 chansons. Jaylib, Peanut Butter Wolf, Quasimoto, Madvillain, J Dilla, Wildchild, M.E.D., Oh No, Madlib, Dudley Perkins, Kazi, Percee P, Koushik, Aloe Blacc, Lootpack et quelques autres... Une véritable salve de missiles ! En plus d'artistes à découvrir tel que : Stark Reality, Mr. Magic ou Gary Wilson par exemple, qui font des trucs beaucoup plus instrumentaux, éclectiques et funky. Tout ça et plus pour un appréciable total de 76 minutes où se mêlent au passage les classiques et morceaux moins connus de cette imposante brochette. Le tout, agencé avec toute la fluidité nécessaire pour en apprécier la diversité.
Quoi rajouter d'autres ? Que le spectacle se poursuit puisqu'il y a un deuxième disque ! Oui mesdames et messieurs. Rien de tel pour satisfaire l'appétit mélodique des fans de la première heure. Gracieuseté de J Rocc. Un ami et collaborateur de la maison. Le connaissez-vous ? Devriez en tout cas. Son ancien crew aussi, The World Famous Beat Junkies, anciennement champion par équipe de l'ITF (International Turntablist Federation) en 1997 et 1998. Il y va d'un mix de son cru à travers le répertoire disponible et parions qu'il a bien fait son travail. Je n'en sais rien puisque j'ai reçu une version qui contient seulement le premier CD. Bande d'innocent, c'est quoi l'idée ? Ce genre d'incongruité me fou en rogne, mais bon, il faut bien apprendre à pardonner.
Bref, Stones Throw did it again ! Avec cette double parution, vous avez le beurre et l'argent du beurre comme dirait l'autre. Plein de saveur en perspective. En espérant simplement que le passé soit garant de l'avenir. Allez capturer ce moment de magie dans un bon détaillant près de chez vous dès maintenant.